Ce champignon (Plasmopara viticola) arriva en France en 1878 d'une manière tonitruante.
De Coutras, Floirac en Gironde, en passant par la Charente et le Beaujolais, de coups de vent en coups de vent, toute l'Europe fût contaminée dès 1884, là où le phylloxera mit plus de 25 ans.
Les fleurs, les feuilles, les baies se recouvrent d'un feutrage blanchâtre. Cela entraîne une perte énorme de récolte et, le peu qui reste, a un horrible goût de mycélium.
Les attaques répétées tuent les pieds que lon vient juste de replanter... Trois coups durs en moins de 50 ans.
En 1882, Millardet remarque en Médoc, des vignes exemptes de maladie. Le propriétaire les a badigeonné de sulfate de cuivre pour rendre les raisins moins engageants ; il escompte par ce procédé empêcher les enfants de grappiller les raisins en bordure de chemin. La mixture décourage les voleurs, mais aussi la nouvelle maladie !
En 1883, la même constatation est faite en Bourgogne, sur de la vigne s'enroulant sur des poteaux traités au sulfate de cuivre.En 1884, Millardet expérimente avec David (le régisseur du Château Dauzac, un cru classé de Margaux), un mélange de sulfate de cuivre et de chaux...
Ce mélange médocain, passera à la prospérité sous le nom de bouillie bordelaise.
L'inocuité de ce procédé (la faiblesse, voire l'absence totale de résidus dans le vin) fût démontrée par Gayon, un élève de Pasteur.
La sulfateuse sauva la viticulture, mais aussi les tomates et les pomme de terre, elles aussi victimes, d'un proche voisin de cet indésirable visiteur.